Virilio, sur la vitesse.

Une source d’inspiration. Un documentaire à voir.

A voir en  VOD sur ARTE, donc en meilleure qualité:

http://www.artevod.com/paulvirilio

L’au­teur de « L’in­sé­cu­ri­té du ter­ri­toire » et de « Cy­ber­monde, la po­li­tique du pire » nous donne des clefs in­dis­pen­sables pour dé­co­der un monde qui ne cesse de se com­plexi­fier. Une « The­ma » sur la vi­tesse avec Paul Vi­ri­lio, l’un de ses plus grands théo­ri­ciens.
En une heure trente, ce film passe notre époque au gril de la pen­sée de Paul Vi­ri­lio, l’un des es­prits contem­po­rains les plus lu­cides et les plus tran­chants sur les consé­quences po­li­tiques liées aux ré­vo­lu­tions tech­no­lo­giques. Exemples à l’ap­pui (la tra­gé­die du 11-Sep­tembre, l’ou­ra­gan Ka­tri­na…), l’au­teur de L’in­sé­cu­ri­té du ter­ri­toire et de Cy­ber­monde, la po­li­tique du pire dé­montre avec convic­tion que tous les champs ou presque de l’ac­ti­vi­té hu­maine sont dé­sor­mais pla­cés sous le ré­gime qua­si dic­ta­to­rial de la vi­tesse. De grands ex­perts comme Je­re­my Rif­kin, Wal­ter Ben­der, Mu­ham­mad Yu­nus, Hu­bert Vé­drine, Jacques At­ta­li, ou en­core le des­si­na­teur En­ki Bi­lal et l’ar­chi­tecte Jean Nou­vel, étayent ou contre­disent son dis­cours. Ac­ces­sible sur le fond, sur­pre­nant dans la forme, ce film prend le temps de ré­flé­chir à notre en­vi­ron­ne­ment et au sens des choses. Un exer­cice sa­lu­taire quand les re­pères se dé­robent.
L’ac­ci­dent in­té­gral
Être ici et là au même ins­tant fait-il de nous des mu­tants ? Avec In­ter­net, l’ubi­qui­té (cette fa­cul­té d’être pré­sent en plu­sieurs lieux à la fois) est en­fin de­ve­nue pos­sible. La mise en ré­seau pla­né­taire bou­le­verse toutes les co­or­don­nées de notre vie quo­ti­dienne, le monde est en­tré dans le ré­gime de la vi­tesse. De livre en livre, Paul Vi­ri­lio, ur­ba­niste de­ve­nu es­sayiste, a jus­te­ment dé­mon­tré que l’his­toire contem­po­raine est fille de la vi­tesse. Sa pro­phé­tie de « l’ac­ci­dent in­té­gral », pro­duit de « l’ins­tan­ta­néi­té dans le monde glo­bal », n’a-t-elle pas dé­jà eu son pré­am­bule avec la me­nace de bogue gé­né­ra­li­sé qui a pe­sé sur les sys­tèmes in­for­ma­tiques en l’an 2000 ? Et n’est-elle pas ré­ac­ti­vée au­jourd’hui avec les risques réels (même si peu pro­bables) liés à la mise en marche de l’ac­cé­lé­ra­teur de par­ti­cules du Cern, sus­cep­tibles de gé­né­rer des trous noirs pou­vant en­glou­tir la Terre ? Une chose est sûre : pour la pre­mière fois, le temps hu­main et le temps tech­no­lo­gique sont désyn­chro­ni­sés. Et la ca­tas­trophe est de­ve­nue une com­po­sante in­évi­table de notre fu­tur pré­vi­sible.

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